Publié par Agronome Oloferne Edouard
« Haïti et les Aigles » est une lecture structurée, documentée et singulière de la Première République Noire du Nouveau-Monde. Il met en évidence un profil d’Haïti constitué de sept couches. Il présente quatre portails de connaissance sur cette République qui continue d’errer dans le désert démocratique. Il aide à découvrir Haïti sous des horizons historique, symbolique, politique et prophétique. Il partage aussi des voies qui peuvent guider sa sortie vers un Canaan démocratique approprié.
D’Alexandre Pétion à Alix Fils-Aimé, plusieurs couches d’Haïti
À travers l’historiographie nationale et certaines figures célèbres de la géopolitique, « Haïti et les Aigles » répertorie plusieurs expériences d’implémentation de « plans pour Haïti ». Ces derniers ont façonné sa trajectoire depuis sa fondation jusqu’ à aujourd’hui. Ces plans exogènes (Rome) et endogènes (noiristes) ont accouché ces types d’Haïti. Il raconte Haïti par couche, en arrimant les réalités visibles à celles invisibles. De l’Haïti gallo-romaine communément la France noire de l’Amérique à l’Haïti des ténèbres d’aujourd’hui en passant par l’Haïti rose, l’auteur identifie certaines fenêtres d’opportunité qui ont permis l’émergence d’une Haïti authentique. Celle-ci mérite d’être connue et revitalisée.
« Haïti et les Aigles » suit l’évolution d’Haïti au prisme d’une dizaine de prophètes dont leurs déclarations sont quasiment ignorées par les élites nationales. Ces dernières représentent les Sceptiques des prophètes. Ils se démarquent des Optimistes qui sont souvent constitués par des Étrangers. Ces avertisseurs qui regroupent Jean-Jacques Dessalines, Jean-Paul II, Henry Kissinger ont été majoritairement des hauts-dignitaires des États d’Haïti, du Vatican et de l’Amérique. Une attention aux prophètes aurait peut-être aidé les politiques à préserver Haïti de la destruction et à la prévenir de l’émergence de nouvelles formes d’Haïti, surtout celles des extrémistes.
Cet essai étudie aussi ses rapports avec les aigles chrétiens qui dès 1825, ont détenu les clés de l’avenir d’Haïti. Il revisite les moments de chasse des aigles gallo-romains et américains en territoire haïtien. Il différencie l’Haïti, basse-cour des Gallo-romains de celle des Américains. Il analyse son cheminement suivant le Concordat de 1860 et la charte américaine de démocratie et de liberté. Tout regardant à la loupe de la théorie du 3e larron, il examine le recours des élites politiques à la démagogie dessalinienne et/ou au protestantisme pour accroitre la légitimité de leur propre Haïti. Malheureusement, ces types d’Haïti sont très vulnérables aux révoltes populaires qui sont souvent allumées par des mains extérieures.
Haïti et l’Amérique, deux églises aux cheminements différents
« Haïti et les Aigles » se démarque par ses portées prophétiques et symboliques. Il met en relief le caractère ecclésiastique de ces deux États républicains qui, dans l’intervalle de 30 ans, ont émergé dans l’Atlantique. L’Amérique de 1776 et Haïti de 1806 ont toutes deux chassé leurs maîtres oppresseurs. Elles ont chacun emprunté la voie d’un type de christianisme. La République américaine se veut être laïque à l’origine. Elle défendait la séparation de ces deux glaives : l’État et l’Église qui présidaient à sa fondation. Pourtant, de nombreux savants vantaient le bon mariage de l’État américain avec le christianisme. Quant à l’Haïti républicaine; elle a été dès 1806, fondée sur le socle de l’alliance formelle de l’État et de l’Église. Dans l’Haïti de Pétion et de Geffrard, l’État était romain et l’Église était de monarchie élective et héréditaire. Dans l’Amérique de Washington et de Lincoln, l’État était laïc et l’Église est républicaine c’est-à-dire pluraliste.
L’Amérique empruntait la voie d’un christianisme libéral tandis qu’Haïti optait plutôt pour un christianisme sectaire. Ces deux États chrétiens ont respectivement consacré la mise en quarantaine des Afrodescendants. Le premier leur a appliqué la ségrégation raciale, tandis que le second leur impose le port des fardeaux de la dette de l’indépendance et du concordat de 1860. Paradoxalement, l’Amérique des descendants Puritains s’était définie comme un aigle. Pourtant, le Christ juif était un agneau. L’Haïti des descendants Gallo-romains s’est plutôt personnifiée par un palmier.
Au début du 20e siècle, le palmier d’Haïti devient l’habitat de l’aigle américain qui y a chassé certains aigles et pactisé avec d’autres. Après la seconde guerre, l’Amérique devient une puissance mondiale tandis qu’Haïti devient à son tour, la référence caraïbéenne en matière de tourisme et de promotion de la décolonisation de l’Afrique. En 1991, l’Amérique de foi protestante rentrait dans la félicité mondiale et devient la superpuissance. Haïti des théologiens de la libération qui, frappée d’un embargo mortel, acheminait vers la damnation et devient aujourd’hui une paralytique couverte de lésions. Commentant cette Haïti, son Église accuse le vodou comme cause de ses malheurs, tandis que les politiques qui entretiennent l’État incriminent l’Amérique.
« Haïti et les Aigles » identifie l’Amérique et le vodou comme deux femmes prises en flagrance d’adultère avec ces types d’Haïti. Tout en dénonçant le Pharisianisme qui caractérisait la Première République Noire Indépendante, il pointait l’âge d’or de l’Haïti gallo-romaine de Fabre Nicolas Geffrard sous le protectorat américain. Il met en évidence les liens que l’Haïti lavalassienne de Jean-Bertrand Aristide (1991-2011) et l’Haïti rose de Michel Martelly (2011-2021) ont tissé avec le vodou et l’Amérique. Ces types d’Haïti ont été le fruit des alliances des politiques avec le vodou et le messianisme américain de Bill Clinton.
Une relecture évangélique d’Haïti
« Haïti et les Aigles » apparaît comme un portail rare sur le messianisme haïtien. Sans faire de l’anachronisme, elle porte une attention particulière aux similitudes temporelles qui ont marqué la République d’Haïti. En croisant les visions linéaires et cycliques de l’histoire, il offre des outils permettant de juguler certaines crises futures et de gérer de nouvelles fièvres libératrices. Des années comme celles de 1870, 1915, 1946, 1990 ont été entre autres identifiées comme celles qui marquent à la fois, la fin et le début d’un nouveau cycle politique sur Haïti.
Les comparaisons entre certains régimes présidentiels y sont assez fréquentes. Il revisite certaines expériences de démocratie chrétienne, notamment les pratiques du Parti Libéral haïtien et celles du Parti national. Il étudie aussi les courants nationalistes qui ont développé une résistance à l’américanisation d’Haïti et qui sont à l’origine de nouveaux types d’Haïti. Il étudie également le syndrome de l’affrontement de l’haïtien, ainsi que le rôle des évangiles impériaux dans la décapitation des présidents haïtiens. Il expose de nombreuses similitudes évangéliques caractérisant l’Haïti noiriste (la Grande-Église ou l’Église institutionnelle) et l’Haïti lavalassienne (La Petite-Église des Pauvres marxistes).
« Haïti et les Aigles » revisite les guerres des porteurs de la paix chrétienne menées contre la paysannerie haïtienne. Il y met particulièrement l’accent sur les coups de massue portés à l’Agriculture haïtienne, à travers l’imposition de la dette de l’indépendance de l’Aigle français et de la politique d’ajustement structurel de l’aigle américain. Il plaide pour l’unité de la famille haïtienne et une utilisation moderne des fils de Dessalines. Il combat la théorie du bouc émissaire et encourage les Haïtiens à développer de nouvelles capacités pour contrer l’intrusion du 3e larron. Explorer « Haïti et les Aigles » c’est contribuer à l’érection d’une communauté de responsables qui servira de pierre de refondation à une Haïti équitable et prospère.
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